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EXISTENCE - TOME I


Chiens de faïence

Copyright 2016 Désiré Gnani ZORO

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Table des matières

Avertissement

Prologue

Chapitre Un : Une grande Première !

Chapitre Deux : La menace !?

Chapitre Trois : « Parole » de déshonneur !?

Chapitre Quatre : Le seigneur des Armées et le SHIELD

Du même auteur

Joindre l’auteur

Notes

Avertissement

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« Quelque part, dans un monde autre que le nôtre, vivent des êtres dotés d’aptitudes intellectuelles beaucoup plus avancées que celles des humains. La paix et l’harmonie régnaient dans ce monde jusqu’à ce que ses habitants décidassent de se lancer dans un projet très ambitieux. Ce projet entraînera des désaccords parmi ses concepteurs, lesquels désaccords vont s’amplifier progressivement jusqu’à générer des conséquences totalement imprévues, façonnant la face de ce monde jadis paisible… »

« Existence » est un feuilleton romanesque relatant une histoire fictive. Le récit est composé de plusieurs tomes. Le présent document ne contient que le premier tome, lequel est intitulé « Chiens de Faïence ».

La présente version du récit est disponible en ligne depuis le 10 Août 2017. Elle ne diffère que très légèrement de la version précédente, laquelle se trouve en ligne depuis au moins un an. Il n’y a pratiquement aucune différence entre la version du 10 Août 2017 et la précédente. Les seules différences consistent en des changements de nom de personnages, de lieux, et d’habitants de régions. Ainsi, « Ara » devient désormais « Harnaph », « Arien » devient « Luxien » ou « Apostan », « Sion » devient « Salem », « Sioniste » devient « Jeyruscite » (nom qui signifie les habitants de la nouvelle cité de paix, dans le contexte de la présente fiction bien sûr), « GOETHE » devient « SHIELD », « Skôrvhe » devient « Skôrdhe ». Le personnage qui porte le nom d’ « Adonaye » portera tout aussi désormais, et assez fréquemment, le nom de « Mel-Schedek ».

L’un de ces changements mérite toutefois quelques explications. Il s’agit de celui se rapportant à « Ara ». Il fut mentionné dans les anciennes versions du tome 1, sous forme de notes en fin de document, que « Ara » semblait être un nom hébreux signifiant « lumière ». Mais après de plus amples investigations, il se trouve finalement que cela n’est pas très sûr. C’est l’une des raisons pour lesquelles « Harnaph » est désormais utilisé, en lieu et place d’ « Ara ».

Les lecteurs se devraient de garder à l’esprit que le récit est avant toutes choses une œuvre de science-fiction. Il faudra donc s’attendre à ce que la plupart des concepts scientifiques et technologies qui y sont évoqués s’écartent assez fortement de la réalité et de la vérité telles qu’elles se présentent à nous de nos jours, voire même de la réalité et de la vérité tout court.

Bonne lecture à tous !


L’auteur

Prologue

« Au commencement… »

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C’était le moment tant attendu, et bien malheureux celui qui se hasarderait à manquer cet évènement. Ils contribuèrent tous plus ou moins au projet qui allait peut-être bientôt prendre forme sous leurs yeux. Nombreux sont ceux qui n’y avaient pas cru jusque-là, et même qui n’y croyaient toujours pas, et qui attendaient de voir s’il pourra être implémenté dans toute sa plénitude. Il y eut des moments de doutes, des moments de désaccords, des périodes d’abandon par certains, des discussions houleuses mais fraternelles, des regains de confiance et des moments de fortes espérances pour en arriver enfin à cet stade crucial du projet.

Une salle flambant neuve et composée de matériaux de différentes natures ayant tous une chose en commun, cet aspect scintillant et cet éclat de beauté à faire languir nos (nous les humains) meilleurs chercheurs de pierres précieuses. Dans cette salle, se trouvait le générateur de particules gamma-gen (GPG) ou gamma-générateur ou tout simplement gamma-G. Celui-ci contenait une petite boule d’apparence cristalline. Tout l’ensemble constitué de la boule et du générateur avait l’air de représenter l’un des éléments les plus importants d’un dispositif technologique. La boule (récepteur de particules gamma-gen ou RPG) qui avait un diamètre d’environ cinq centimètres contenait différentes sortes de particules baignant dans une substance énergétique. Sous la pression de cette substance, les particules étaient maintenues scotchées à la paroi de la boule. L’ensemble constituant la substance énergétique et les particules était connu sous le nom de plasma de particules gamma-gen ou 2PG. Toutefois, un œil humain serait incapable de percevoir lesdites particules et ne verrait qu’une forme sphérique cristalline de couleur verdâtre. Le récepteur de particules gamma-gen semblait flotter au niveau du centre de gravité du gamma-générateur.

La principale fonction du récepteur était de contenir temporairement le système 2PG généré par le gamma-générateur dans un espace de dimension suffisamment réduite. Le 2PG était censé grandir par la suite sous l’effet de la pression énergétique. Le comportement de tout l’ensemble était supposé être commandé par un microprocesseur et un programme informatique. Celui-ci devait gérer tout ce qu’il pourrait y avoir comme interaction entre particules ainsi que toutes sortes d’impulsions énergétiques intrasystémiques d’une part et entre le système (2PG) et l’extérieur d’autre part. La salle comportait en outre un écran géant de la taille d’un écran de salle de cinéma (Moniteur de Visualiseur Cosmique ou MVC) ayant un aspect de vitre tintée de couleur noirâtre. Le GPG, lui, présentait une forme cylindrique avec un aspect de verre totalement transparent dans la partie centrale et de matériaux métalliques grisâtres aux extrémités. Il mesurait environ un mètre de hauteur avec une base ayant trente centimètres de diamètre. Il était disposé au bas et au niveau de la médiane verticale du MVC.

L’un des fleurons de toute cette technologie consistait en un dispositif de reconnaissance de la parole (ou de la pensée) composé de deux modules ; un module permettant d’actionner les différentes commandes du programme par la parole (ou la pensée) et un autre module permettant de convertir une parole (ou une pensée) en lui conférant une identité autre que celle de sa source. Pour sauvegarder la cohérence du système, seule la voix (ou la pensée) du Monarque était capable d’actionner les commandes du programme. Tout ce dispositif existait de par le génie créateur de l’élite intellectuelle de la communauté des Elohim et à la demande du Roi.

L’aventure débuta lorsque dans leurs différentes explorations des mondes du mégavers, des Elohim, à la suite d’un déplacement interdimensionnel, découvrirent une immense zone essentiellement caractérisée par un vide absolu et une obscurité totale. Ce phénomène étrange, qui généra d’abord toutes sortes de conjectures possibles de la part de la communauté scientifique, fut par la suite finalement expliqué dans le cadre d’une théorie globale censée décrire le fonctionnement et les caractéristiques de tous les mondes possibles (Théorie Générale des Mondes ou TGM en abrégé). Cette théorie fut élaborée par l’un des principaux princes du Royaume. C’est alors que le Roi décida d’emménager ce monde « sauvage » afin d’en faire une zone « vivable », car cela semblait possible d’après la TGM.

Il fallait donc trouver la méthode la plus efficiente en termes de coût et de temps. Parmi plusieurs propositions qui furent faites à cet effet, celle qui s’avéra la plus innovante fut retenue. Celle-ci émana de Ben Gouryhône, l’un des grands princes, et était basée sur une théorie qu’il élabora et qui fut baptisée théorie d’autogénération des particules. Selon cette théorie, il n’était pas nécessaire de dépenser un temps fou à créer directement des quantités énormes d’énergie et de matière pour structurer la « zone vierge » ; une petite quantité initiale d’énergie et de particules dotées de propriétés spécifiques suffisait à cet effet. Il était ensuite possible de conférer un dynamisme cybernétique à ce microsystème en lui fournissant au besoin de petites quantités supplémentaires d’énergie par le biais d’un dispositif de traitement automatique du message (information). Une fois tout ce dispositif conçu, il devenait alors possible d’impulser au microsystème différentes formes et structures que l’on voudra en émettant des messages particuliers. C’est alors que Ben-Harnaph, Ben Rousso et Ben Ramcess, trois des grands princes du Royaume firent leur entrée en scène.

Tandis que le Roi méditait sur les éventuelles conséquences du projet sur le futur du Royaume dont il avait en charge la destinée, Ben-Harnaph élabora en un temps record et dans les moindres détails le plan de conception de tout le dispositif technologique. Il conçut ensuite un programme censé donner au microsystème initial un mouvement particulier. Celui-ci était capable de lui permettre de croître et de lui conférer des structures adéquates à des périodes précises, lesquelles structures et périodes étaient prédéterminées dans le code source du programme. Il fit même une innovation de taille : la théorie de la reconversion de la pensée (TRP). Cette théorie stipulait qu’il était possible de convertir une pensée provenant d’un Eloha donné en lui conférant l’identité d’un autre Eloha. Ce fut l’une des plus grandes découvertes dans le Royaume des Elohim.

Réaliser par la suite ce plan ne pouvait se faire sans l’apport de Ramcess. Ce dernier élabora les procédés industriels permettant de produire les matériaux, les particules et les types de substances énergétiques nécessaires au fonctionnement du dispositif. Il possédait également un talent particulier dans les travaux de designing.

Il fallait aussi recruter des ouvriers, des techniciens, des ingénieurs et des scientifiques et organiser tout le processus de réalisation des travaux, or personne n’excellait dans ce type d’activité plus que Rousso. Plus que tout autre Eloha, Rousso avait cette capacité de détecter les talents nécessaires à l’accomplissement de n’importe quel type de tâche, à organiser une équipe et à faire régner la discipline en son sein tout en se faisant aimer. Pour beaucoup d’ailleurs, ce savant mélange d’ordre, de discipline et de liberté à la fois qui caractérisait le royaume des Elohim était dû au génie de Rousso qui entreprit plusieurs actions et qui élabora plusieurs théories dans le domaine de l’organisation sociale et politique.

Le compte à rebours allait bientôt débuter et chacun pouvait assister à la scène quel que soit le lieu où il se trouvait en activant un petit objet portable qui, parmi tant d’autres fonctionnalités, permettait de faire de la télé visualisation. Un espace fut néanmoins aménagé dans la salle contenant le dispositif technologique afin que quelques privilégiés pussent assister directement à la scène. On pouvait remarquer au premier rang Sa Majesté, Ben Gouryhône [1] (nom qui signifie « admirable conseiller »), Ben Harnaph (nom qui signifie « lumière »), Ben Rousso (nom qui signifie « être suprême»), Ben Whezan (nom qui signifie « la parole » ou « discoureur »), Ben Lynkhôn (nom qui signifie « fidèle avocat »), Ben Khantt [2] (nom qui signifie «l’ami fidèle»), Ben Zehdong (nom qui signifie « père éternel »), et Ben Haraphat (nom qui signifie « prince de paix »). Toutes ces personnalités constituaient en quelque sorte les principaux dignitaires du Royaume des Elohim. De la salle, l’on pouvait observer en trois dimensions la « zone vierge ». Les spectateurs présents dans la salle étaient par conséquent censés avoir l’impression de se sentir à l’intérieur d’une navette ayant la capacité de se déplacer dans toutes sortes de directions du cosmos. C’est essentiellement le privilège qu’ils avaient sur ceux qui se trouvaient en dehors de la salle qui, eux, n’avaient que la possibilité de percevoir la scène par télé visualisation sur une surface plane à l’aide des commandes du dispositif technologique à l’intérieur de la salle. Toutefois, vu que la « zone vierge » était pour l’instant caractérisée par une obscurité totale et par l’absence de toute forme d’énergie et de matière, les Elohim présents dans la salle ne ressentaient pour le moment aucune impression de mouvement et ne percevaient que l’obscurité autour d’eux à chaque fois que les commandes de vue et mouvement en trois dimensions étaient activées.

Tout était alors fin prêt. Néanmoins, quelques discours inauguraux devaient être prononcés avant le début du compte à rebours. Trois discours étaient attendus. D’abord celui de Ben Rousso, qui était appelé à inaugurer la série des discours et qui devait parler au nom de tous les ouvriers, techniciens, ingénieurs, chercheurs, bref, de tous ceux qui œuvrèrent à la réalisation du projet. Ensuite Ben Khantt devait prendre la parole au nom de tous les citoyens du royaume. Le troisième et dernier discours qui était le plus attendu devait être prononcé, non pas par le Roi qui était pourtant le souverain suprême, mais plutôt par Ben Harnaph. Et ça, on le comprendra dans les lignes qui suivent. Ben Harnaph devait prendre la parole au nom de la classe dirigeante et clôturer ainsi la série des discours.

Après quelques prestations artistiques, le maître de cérémonie invita successivement Rousso puis Khantt à prendre la parole. Puis vint le tour de Ben Harnaph. A ce moment précis, le temps sembla se figer. De façon étonnante, cet instant donna l’impression d’avoir beaucoup plus d’importance que l’évènement lui-même, plus d’importance que le moment où le peuple s’attendait à se voir confirmer officiellement la découverte de la « zone vierge », plus d’importance que l’instant où les résultats de la théorie générale des mondes (TGM) devaient être communiqués par son auteur, plus d’importance que le moment où Gouryhône devait exposer ses travaux sur la théorie d’autogénération des particules, plus d’importance que l’instant où Ben Harnaph lui-même s’apprêtait à présenter le programme informatique censé commander l’aménagement de la « zone sauvage », et enfin plus d’importance que l’instant où le peuple s’attendait à se voir confirmer la fin de la conception de tout le dispositif technologique nécessaire à la mise en œuvre de la théorie d’autogénération des particules. Pour quelle raison ? On le saura encore une fois dans les lignes qui suivent.

Aussi variées que paraissaient donc les impressions qui émanaient des visages à cet instant-là, une constance semblait se dégager. Tous, spectateurs comme téléspectateurs, avaient bien l’air de faire preuve d’une impatience et d’une attention extrêmes. Tous impatients sûrement de voir Ben Harnaph prendre la parole, et tous attentifs afin de ne manquer aucun détail de cet évènement dans l’évènement. Même des visages tels que celui du Roi n’échappaient pas à cette constance. Néanmoins, une certaine impassibilité relative se lisait sur le visage de Sa Majesté malgré l’impatience et la concentration qui s’y dégageaient légèrement. Dans son déplacement de son siège jusqu’à la chaire, chaque pas de Ben Harnaph paraissait durer une éternité. Dire que tout Eloha vouait une admiration sans faille à Ben Harnaph ne serait aucunement une exagération, et le Roi semblait bien avoir contribué à cet état de choses. Les raisons de cette admiration étaient aussi diversifiées que les citoyens qui peuplaient le Royaume, et bon nombre d’Elohim semblaient d’ailleurs attendre peu du discours à proprement dit de Ben Harnaph. En fait, pour beaucoup d’Elohim, la personne même de Ben Harnaph était une raison entièrement suffisante pour s’intéresser à chacune de ses apparitions. Pour ceux-ci, il devait toujours y avoir quelque chose de nouveau, de beaucoup plus éblouissant, de beaucoup plus fascinant et de beaucoup plus majestueux à découvrir dans ses traits caractéristiques à chaque fois que l’occasion était donnée de l’observer.

Vint enfin le moment de prendre la parole, et Ben Harnaph commença à débiter ses premiers mots :

«Sa Majesté, le Tout-Puissant souverain suprême et Père des Elohim, ultime source d’existence de tout Eloha et donc de toute création présente comme à venir.

Princes et Fils du Royaume des Elohim.

Citoyens de tous horizons.

Veuillez recevoir mes salutations les plus distinguées et par ma voix, celle de toute la classe dirigeante du royaume !

Ce moment que nous nous apprêtons à vivre est probablement l’un des plus mémorables qu’il nous sera donné de conserver dans nos annales. Mais que de péripéties, que de vicissitudes, que de cheminements, que de doutes. A propos de doute je vais d’ailleurs vous faire une confidence. Une confidence, mais aussi un petit conseil à certains d’entre vous. La confidence est qu’à un moment donné je n’y croyais pas du tout. Oui, vraiment pas du tout. Et pourtant à aucun moment, quasiment personne n’a pu certainement sentir cela. En effet, à l’instant même où le doute commença à s’installer en moi, Mendeleyve, l’un des conseillers du Roi me conseilla de rencontrer ce dernier sans donner aucune raison à cela. Ce que je fis aussitôt. Alors que je m’attendais à des discussions importantes concernant le projet, alors que je m’attendais même à ce que mes pressentiments, c’est-à-dire les doutes que je ressentais vis-à-vis de la faisabilité du projet soient confirmés, mon entretien avec Sa Majesté ne porta que sur des banalités que je pensais n’avoir aucun rapport avec le projet. Mais de façon étrange, à l’issue de mon audience, un fort sentiment d’optimisme commença à s’emparer de moi. Je commençai subitement à entrevoir de nombreuses opportunités que l’on pouvait tirer de la théorie d’autogénération des particules (TAP) de Ben Gouryhône, théorie que je m’apprêtais pourtant à attaquer fermement et contre laquelle je croyais disposer d’arguments indéracinables. C’est donc quelques jours après cet entretien que je me mis à travailler sur certaines applications de cette théorie au projet. Ce qui a abouti quelques décennies plus tard à la théorie de la reconversion de la pensée (TRP), au programme informatique, ainsi qu’au plan détaillé de la réalisation du projet. J’ai fait part de cette transformation étrange au Roi, et d’après les échanges que nous avons eus, il est ressorti qu’il existe au moins un rapport indirect entre l’audience et ladite transformation. A ce propos je vais ouvrir une petite parenthèse : lorsque je jette un regard rétrospectif sur toutes ces choses, j’ai la vague impression d’avoir participé à un processus expérimental sans m’en rendre compte ; n’est-ce-pas Mel-Schedek [3] ? (Rires dans la salle). Fin de la parenthèse. L’audience m’a donc sans doute poussé, d’une manière ou d’une autre, à être disposé afin de mieux exploiter des potentialités qui étaient déjà en moi. Et c’est ici que j’en viens au conseil. Les contacts avec le Roi doivent constituer très probablement des sources inestimables d’inspiration. J’invite ceux de mes concitoyens qui le peuvent à avoir des conversations directes avec Sa Majesté. Pour tous les autres, je leur demande d’établir fréquemment des communications télépathiques unidirectionnelles avec lui. Nombreux sont ceux d’entre nous qui tentent d’abord d’activer le portail télépathique du Roi, s’attendent à recevoir une réponse positive de sa part, avant d’établir toute communication avec lui. J’aimerais donc signaler ici que même en cas de non réponse, une communication télépathique unidirectionnelle s’avère efficace et ceci est bien démontré par la TGM. Ce d’autant plus que Sa Majesté n’émet jamais de réponses négatives. A propos de la TGM je voudrais faire une mise au point. Le fait que l’auteur de cette théorie ait déclaré dans plusieurs interviews que mes découvertes relatives à la TRP l’aient totalement surpris a fait croire à beaucoup que cette dernière constitue une théorie parallèle à la TGM. Je voudrais alors signaler que quoique ça n’en n’ait pas l’air, la TRP découle entièrement de la TGM à l’instar de la TAP et de toutes les théories connues et à venir et ce, dans quelque discipline que ce soit.

Toutes ces découvertes ont donc abouti aujourd’hui à la conception du gamma-générateur qui apportera certainement dans les temps qui suivent les plus grands bouleversements à notre mégavers. Bouleversements relatifs à la structure de la matière, cela est indéniable, mais aussi bouleversements relatifs aux modes de pensée et aux valeurs culturelles du royaume. Ceci entraînera fort probablement des bouleversements sur la structure organisationnelle du royaume. Nous devons par conséquent tous nous préparer à accueillir ces bouleversements. Ceux-ci seront irréversibles et la meilleure chose que l’on puisse faire est de se mettre dans les meilleures dispositions pour en tirer le maximum de profits.

En ce qui concerne la « zone vierge », le Royal Executive Council (REX) me charge de profiter de cette tribune pour annoncer à tous les citoyens que sur proposition de l’académie des sciences, de la culture et de la langue, il vient de décider que son appellation officielle après aménagement sera désormais « 3ème monde » ou «3ème univers » ou « 3ème ciel » ou « Tertius ». Cette décision sera publiée dans les jours qui viennent dans toutes les publications officielles requises à cet effet. Ladite appellation mérite toutefois quelques explications. Nous savons tous que Prokcyss est le tout premier univers en dehors du nôtre à avoir été découvert par nos explorateurs. Prokcyss peut de ce fait être considéré comme étant le deuxième univers si le nôtre (Centaurus) est supposé être le premier. Ensuite d’après la théorie générale des mondes, l’unique porte interdimensionnelle permettant d’accéder à la « zone vierge » est située à l’intérieur de Prokcyss. Et de plus, Prokcyss se trouve être une sorte de corridor à partir duquel on ne peut avoir accès qu’à deux univers : le nôtre et la « zone vierge » ; d’où l’appellation de « 3ème univers » attribuée à ce dernier.

Un mot maintenant à propos de la cérémonie à proprement dite. Je tiens à informer toute la communauté des Elohim que la cérémonie présente est censée se dérouler en deux phases. En effet, l’aménagement de la « zone vierge » est un processus continu qui est supposé ne jamais s’achever. Toutefois, à partir d’une certaine étape de ce processus, ladite zone revêtira une structure qui est similaire à celle des univers connus à l’heure actuelle. Vu que le temps qui doit s’écouler avant l’atteinte de cette étape s’avère assez long, nous n’assisterons ici qu’à la phase de déclenchement du processus. Une autre cérémonie aura donc lieu dans les trillénaires [4] à venir et au cours de celle-ci, nous aurons l’occasion d’inaugurer le futur « 3ème monde ». Certains de nos experts avaient trouvé d’ailleurs inopportun d’organiser une cérémonie afin de n’assister qu’au déclenchement du processus. Heureusement que ceux-ci sont revenus sur leur position car nous nous sommes tous rendu compte que même si certains d’entre nous, en tant qu’experts, sont persuadés que plus rien ne peut arrêter le processus, cela n’est pas le cas de la majorité de nos concitoyens. Il se trouve que ces derniers sont un peu dubitatifs, pour des raisons que nous savons tous, vis-à-vis de la réussite de la phase de déclenchement du processus, quand bien même qu’ils soient persuadés qu’une fois cette phase réussie, le projet ne pourra qu’aboutir à coup sûr. La cérémonie actuelle revêt donc une importance capitale comme nous nous en sommes tous rendu compte.

Voilà ainsi de belles perspectives qui s’ouvrent devant nous, citoyens du royaume. Mais pour en arriver là, il a bien fallu que des personnes eussent eu le goût de l’aventure. Il a fallu également que d’autres fussent animées d’un désir ardent de percer les mystères de la nature et de leur trouver une explication scientifique. Il a fallu aussi que d’autres eussent eu le goût de la créativité et du travail. Il a fallu enfin que tous ces types de personnes que je viens de citer fussent animés d’une forte ambition et fussent soutenus et encouragés par plusieurs de nos concitoyens. C’est ici l’occasion d’adresser au nom de Sa Majesté, au nom du REX et en mon nom personnel des remerciements solennels à tous ceux qui ont contribué de près ou de loin à la conception du dispositif technologique. Explorateurs, chercheurs, ingénieurs, techniciens, ouvriers, artistes et designers, veuillez tous recevoir les remerciements les plus profonds de toute la classe dirigeante du Royaume. Ces remerciements vont également à l’endroit du citoyen ordinaire qui, quoique n’ayant pas participé aux travaux, a contribué à leur réalisation en adhérant entièrement au projet et en dégageant un certain optimisme qu’il a su transmettre aux participants au projet d’une manière ou d’une autre.

Que la grâce et la bénédiction du Roi nous accompagnent donc tous dans cette nouvelle aventure qui s’annonce passionnante. A lui soit l’honneur et la gloire pour des temps indéfinis.

Je vous remercie. »

La série des discours inauguraux s’acheva ainsi sur cette intervention de Ben Harnaph. Après quelques salves d’applaudissements, le maître de cérémonie reprit immédiatement la parole pour annoncer le début du compte à rebours. Tout le Royaume retint son souffle et la voix d’un opérateur se fit entendre.

Voix de l’opérateur : « transfert du plasma de particules gamma-gen dans la zone d’attraction de la porte centaurus001 dans 30 secondes ».

Voix de l’ordinateur : « processus "transfert 2PG – centaurus001" enclenché. 30 – 29 – 28 – … ».

Tandis que l’ordinateur continuait de décompter, le RPG sembla se vider de sa substance verdâtre (2PG). Un trait vertical blanc apparut vers la droite de l’écran MVC, divisant celui-ci en deux compartiments. Un petit compartiment droit de forme rectangulaire et un grand compartiment gauche. Quelque chose comme un anneau circulaire d’environ trois mètres de diamètre apparut au centre du compartiment gauche du MVC. Ce compartiment qui n’avait que l’aspect d’un écran vierge et noirâtre présenta soudain un aspect quadrillé avec en arrière-plan des images semblables à des amas d’étoiles et de galaxies. Au coin supérieur gauche du MVC on pouvait lire les inscriptions suivantes :

PI de visualisation : centaurus001

Univers source : Centaurus

Univers cible : Prokcyss

Secteur cible : indéterminé

Le compartiment droit du MVC qui avait un aspect gradué du bas vers le haut fit apparaître en son milieu une mince bande verticale délimitée par deux traits blancs et ayant une couleur de fond similaire à celui de tout le compartiment, c’est-à-dire noirâtre. La bande verticale prenait progressivement une couleur verte comme couleur de fond du bas vers le haut au fur et à mesure que l’ordinateur continuait de décompter. Dès que toute la bande devint verte, le décompte s’acheva et quelque chose de semblable à un récepteur de particules gamma-gen (RPG) contenant un plasma de particules gamma-gen (2PG) apparut au centre de l’anneau situé dans le compartiment gauche du MVC.

Voix de l’ordinateur : « processus "transfert 2PG – centaurus001" achevé ».

La voix de l’opérateur se fit de nouveau entendre : « transfert du plasma de particules gamma-gen dans la zone d’attraction de la porte Prokcyss002 dans 30 secondes ».

Et elle fut encore une fois suivie de la voix de l’ordinateur : « processus "transfert 2PG – Prokcyss002" enclenché. 30 – 29 –… ».

L’écran MVC, tout en gardant son quadrillage et l’anneau circulaire dans son compartiment gauche, ne présentait plus aucune image en arrière-plan mais gardait toujours sa couleur de fond noirâtre. Ce qui ressemblait à un RPG contenant du 2PG et qui se trouvait au centre de l’anneau disparut. On pouvait lire cette fois-ci au coin supérieur gauche les inscriptions suivantes :

PI de visualisation : Prokcyss002

Univers source : Prokcyss

Univers cible : Tertius

Secteur cible : indéterminé

La fine bande verticale au milieu du compartiment droit du MVC, après avoir repris sa couleur de fond initial (noirâtre), reprenait à nouveau progressivement la couleur de fond verte depuis le bas. Encore une fois, la fin du décompte coïncida avec la fin du processus de coloration de la bande verticale et un objet semblable à un RPG contenant du 2PG apparut de nouveau au centre de l’anneau circulaire.

Voix de l’ordinateur : « processus "transfert 2PG – Prokcyss002" achevé ».

Voix de l’opérateur : « transfert du plasma de particules gamma-gen dans la "zone vierge" dans 30 secondes ».

Voix de l’ordinateur : « processus "transfert 2PG – Tertius" enclenché. 30 – 29 – 28 – … ».

L’anneau circulaire disparut cette fois-ci de l’écran qui gardait toujours son quadrillage et sa couleur de fond noirâtre, mais toujours sans aucune image en arrière-plan. Les inscriptions au coin supérieur gauche du MVC furent changées encore une fois et l’on pouvait lire ceci :

PIE [5] : Prokcyss002

PIS [6]: tertius001

Univers de provenance : Prokcyss

Univers courant : Tertius

Secteur courant : indéterminé

Encore une fois, le processus de recoloration de la fine bande verticale au milieu du compartiment gauche du MVC reprit. La fin du décompte coïncida à nouveau avec celle du processus de recoloration de la fine bande et l’objet semblable au RPG rempli de plasma de particules gamma-gen réapparut au centre du compartiment gauche de l’écran MVC.

Voix de l’ordinateur : « processus "transfert 2PG – Tertius" achevé ».

Voix de l’opérateur : « contraction du plasma de particules gamma-gen. Fin du processus dans 100 secondes ».

Voix de l’ordinateur : « processus "contraction 2PG " enclenché. 100 – 99 – 98 – … ».

La boule verdâtre au centre du compartiment droit du MVC commença à se contracter jusqu'à devenir absolument invisible à l’œil humain à la fin du décompte.

Voix de l’ordinateur : « processus "contraction 2PG " achevé ».

Voix de l’opérateur : « début de la phase de génération de Tertius dans 60 secondes ».

Voix de l’ordinateur : « processus "préparation de la génération de Tertius " enclenché. 60 – 59 – 58 ... ».

A cet instant précis, un silence absolu qui allait au-delà de tout ce qu’un esprit humain pourrait imaginer se fit non seulement dans la salle, mais également dans tout le Royaume. De façon quand même surprenante, même le faciès des plus éminents spécialistes ayant participé aux travaux et qui semblait montrer un optimisme à toute épreuve parut soudainement en proie à une légère tension. L’ordinateur continuait de décompter et il rongeait les secondes à n’en point finir, comme si la courbe décroissante représentant le temps restant en fonction du temps écoulé eut admis une asymptote horizontale à l’infini. Mais il fallut bien que cela s’arrêtât, et le « zéro » prononcé enfin par la machine plongea de façon étrange la plupart des habitants du Royaume dans des sentiments complexes. Avez-vous jamais désiré ardemment une chose tout en étant en proie à une extrême tension au moment même où vous êtes sur le point de l’obtenir ? Si oui, vous pourrez alors imaginer aisément les sentiments qui habitèrent la majorité des Elohim au moment même où le décompte s’arrêta.

Dix secondes après la fin du décompte, un objet sphérique et lumineuse d’environ dix centimètres de diamètre apparut au centre du compartiment gauche de l’écran et se mit à croître immédiatement. Il n’y a pas de mots pour décrire l’atmosphère qui envahit aussitôt les différentes cités et contrées du Royaume ! Oui, aucun mot d’un langage humain ne pourra servir à décrire cette atmosphère ! C’était tout simplement beau ! Beau mais indescriptible ! C’était fabuleux !! A la fois fabuleux et indescriptible !! Imaginez des clameurs, des cris d’allégresse, des jeux de lumières, des sons d’instruments de musique fusant de partout et de façon simultanée et provoqués par la quasi-totalité des individus peuplant une planète abritant environ 800 000 000 d’âmes, sans compter le fait qu’en termes d’intensité et de beauté, ces jeux de lumières, clameurs et sons de musiques ne sont certainement reproductibles par aucune capacité ni intelligence humaines.

Après une longue séance d’applaudissements et de cris nourris, le calme revint dans la salle et le maître de cérémonie reprit la parole pour mettre fin au rassemblement sans oublier de donner rendez-vous aux spectateurs et téléspectateurs pour la cérémonie d’inauguration de Tertius dans les trillénaires à venir. Mais pourquoi une telle allégresse pour une prouesse scientifique qui n’a pas grand impact sur les nécessités de la vie, et qui n’aurait pu provoquer un si grand effet si elle s’était produite dans un monde comme le nôtre, où seuls des évènements politiques ainsi que certaines prestations artistiques et sportives sont capables d’entraîner les plus grands débordements de joie collective ? Cela pourra se comprendre peut-être en ayant une connaissance un peu plus avancée du Royaume des Elohim et de ses habitants.

Centaurus est un univers comportant des structures presque similaires à celles qui existent dans l’univers dans lequel nous habitons. Galaxies, étoiles, planètes, telles sont quelques-unes des structures composant l’univers Centaurus et qui se retrouvent dans le nôtre. Toutefois, de notre univers, on ne peut accéder à Centaurus qu’en utilisant des technologies permettant de passer au travers de certaines structures qui ne saurait être détectées même par le plus puissant des microscopes ou télescopes qu’il serait donné à un humain de concevoir. Ces structures elles-mêmes, aussi macroscopiques soient-elles, demeurent imperceptibles à l’homme à moins que l’on ne dispose d’une technologie appropriée. Car ce n’est pas un problème de dimension. Le problème est beaucoup plus fondamental que ça.

Ces structures sont composées de particules élémentaires qui sont d’une nature totalement différente de celle composant la matière observable de notre univers au vu des technologies dont nous disposons présentement. Tout au plus, l’on ne pourrait les détecter que de par les effets qu’elles seraient susceptibles d’exercer sur la matière peuplant notre univers. Si l’on ne dispose pas de la technologie appropriée, on ne pourra que passer au travers de ces structures sans sentir leur présence et, dans la plupart des cas, sans que cela n’exerce un quelconque effet sur la matière passant ainsi au travers d’elles. Ces structures, appelées portes interdimensionnelles, existent en quantités très limitées dans un univers donné. Néanmoins, certaines technologies permettent de les utiliser quel que soit le lieu où l’on se trouve. En outre, il est théoriquement impossible à certains types de particules d’effectuer certains types de déplacements interdimensionnels.

Comme Centaurus et notre univers, il existe ainsi plusieurs autres univers séparés par des portes interdimensionnelles, le tout formant ce qu’on peut appeler mégavers. Toutefois, le concept d’univers parallèles qui est sous-entendu ici est différent de celui développé par certaines de nos théories quantiques. Les différents univers du mégavers ne sont pas plusieurs versions d’une même réalité ne s’écartant que plus ou moins légèrement les unes des autres. Le mégavers constitue plutôt un ensemble d’univers parallèles représentant des réalités qui ne font que se superposer mais qui sont le plus souvent totalement différentes et indépendantes les unes des autres. Il n’existe aucune sorte de correspondances entre les entités appartenant aux différents univers du mégavers faisant des entités liées par une même correspondance plusieurs versions d’une même entité comme le stipule la superposition d’états en mécanique quantique.

Le mégavers est une sorte d’enceinte, de bocal dans lequel se trouvent des corps de différentes natures. Ces corps sont catégorisés selon la nature des particules élémentaires à partir desquelles ils sont constitués. Les interactions entre des particules élémentaires de natures différentes sont essentiellement caractérisées par leur très faible intensité. Ces interactions sont pratiquement inexistantes. Parlant d’interaction, on fait également allusion à la propagation des ondes dans le mégavers. Ceci pour dire que tout type d’onde est généralement incapable de se transmettre naturellement entre deux particules élémentaires de natures différentes. Toutes ces propriétés entraînent finalement le fait que deux corps de différentes natures ne peuvent naturellement se « voir » ni se « toucher ». Un univers est donc considéré comme étant l’ensemble de tous les corps composés de particules élémentaires d’une même nature. Deux corps de natures différentes (appartenant à des univers différents) peuvent alors occuper le même espace, chacun de ces corps ne se « rendant pas compte » de la présence de l’autre. Ce qui se passe en réalité lorsque deux corps de différentes natures occupent le même espace, c’est que ces deux corps s’imbriquent parfaitement l’un dans l’autre au travers des espaces vides existant entre les particules élémentaires qui les composent. Cette imbrication se fait sans que cela ne perturbe fondamentalement les structures et les états de ces deux corps, et ceci pour la simple raison que les interactions entre les particules élémentaires qui les composent respectivement sont justement négligeables.

Mais c’est seulement deux corps macroscopiques qui peuvent ainsi occuper le même espace en s’imbriquant l’un dans l’autre. Cela n’est pas possible dans le cas de deux particules élémentaires de natures différentes. Lorsqu’une particule élémentaire en mouvement rencontre sur sa trajectoire une particule élémentaire d’une nature différente de la sienne, elle adopte généralement deux types de comportement. Soit elle se téléporte de sorte à se positionner juste après la particule rencontrée pour poursuivre éventuellement par la suite son mouvement, ou alors la particule rencontrée est tout simplement contournée. Les ondes qui se propagent entre deux particules élémentaires de même nature adoptent également le même type de comportement lorsqu’elles rencontrent une particule élémentaire de nature différente de celle de leur source.

Il existe toutefois des méthodes scientifiques susceptibles de rendre possible certaines interactions entre particules élémentaires de différentes natures aussi intenses que celles qui existent entre particules de même nature. Les voyages interdimensionnels consistent tout simplement en l’application de ces méthodes. Mais en raison d’un principe appelé PHS et qui sera évoqué plus loin, la facilité avec laquelle ces voyages peuvent être effectués dépend de la proximité qui existe entre la nature de la particule élémentaire composant le corps voyageur et celle de la particule élémentaire qui constitue la matière de l’univers de destination, de sorte que certains voyages interdimensionnels demeurent impossibles. Lorsque ces types de voyage deviennent possibles, le corps voyageur doit être suffisamment protégé, à l’image d’un cosmonaute qui se protège pour un voyage spatial. Dans le cas contraire, le corps voyageur subira une déstructuration complète et verra les particules élémentaires qui le composent se transformer en particules élémentaires de même nature que celles qui composent l’univers d’accueil.

Les voyages interdimensionnels sont rendus possibles grâce à certaines régions du mégavers de dimension très réduite. Ces régions sont généralement aussi vastes qu’une forme sphérique d’environ 100 kilomètres de diamètre. La particularité de ces régions est que chacune d’entre elles contient des particules élémentaires d’une certaine nature qui n’existe qu’à l’intérieur de ses limites. Ces régions sont en quelque sorte des micro-univers et ce sont elles qui portent le nom de portes interdimensionnelles. Les portes interdimensionnelles possèdent deux principales propriétés. La première est que les particules élémentaires qu’elles contiennent ne peuvent interagir avec tout autre type de particules élémentaires que pendant un bref moment qui est de l’ordre du milliardième de seconde. La seconde est que l’interaction entre les particules élémentaires d’une porte interdimensionnelle et un corps constitué d’autres types de particules élémentaires a pour seul effet de permettre à ce corps d’interagir beaucoup plus durablement avec la matière contenue dans un tiers univers. Ce sont ces deux propriétés qui confèrent aux portes interdimensionnelles leur nature de chemin, de couloirs reliant différents univers.

Avant la découverte de la « zone vierge », les expériences semblaient montrer qu’on ne pouvait quitter un univers sans atterrir presqu’instantanément dans un autre. En d’autres termes, les interactions entre un corps et des particules élémentaires d’une certaine nature ne pouvaient être supprimées sans que ce corps n’établisse presqu’instantanément des interactions avec des particules élémentaires d’une autre nature. Ces expériences et certaines propriétés des particules élémentaires ont alors poussé les Elohim à conclure qu’il n’existait pas de « places vides » dans le mégavers. Cela signifie entre autres qu’il était impossible de créer de nouveaux types de particules élémentaires, et par conséquent de nouveaux univers. Il était en effet possible de créer une particule élémentaire dotée d’une nouvelle nature, une nature qui est différente de celles de toutes les particules élémentaires existantes. Mais pour qu’une particule élémentaire ainsi créée garde sa nature, il lui fallait n’interagir avec aucun corps pendant les premiers instants qui suivent sa création. C’est cette propriété des particules élémentaires qui conduisit les Elohim à conclure qu’il était impossible de créer de nouveaux univers. Mais au cours d’un voyage interdimensionnel, des Elohim se sont retrouvés dans une situation où il leur fut possible de n’interagir avec aucune des particules de matière existant dans le mégavers. C’est en cela que consista la découverte de la « zone vierge ». Une nouvelle théorie scientifique, en l’occurrence la TGM, fut alors élaborée pour expliquer cette étrangéité. La découverte de la « zone vierge » et la TGM montrèrent finalement qu’il était possible de créer de nouveaux univers.

On constate donc que le présent concept d’univers parallèles ne se fondent pas sur le fait que certaines des dimensions d’un univers se trouvent comprimées par rapport à celles du mégavers, comme le stipule certaines théories physiques actuelles telle que la théorie des cordes. On n’a pas forcément affaire ici à un mégavers à plus de 3 dimensions dans lequel baigneraient des univers à 3 dimensions, chose qui résulterait d’une compression de toutes les autres dimensions de ces univers. Le mégavers postulé dans ce récit a le même nombre de dimensions que la plupart des univers réels (et non théoriques ou fictifs) qu’il contient, aucune des dimensions de ces univers ne se trouvant comprimée par rapport à une quelconque dimension du mégavers. Un univers dans ce récit est tout simplement le mégavers lui-même privé de certaines des particules de matière qu’il contient.

En outre, toutes les définitions et propriétés spécifiées ci-dessus dans le cadre du présent concept d’univers parallèles ne dépendent pas du nombre de dimensions du mégavers. Ces définitions et propriétés demeurent inchangées peu importe que le mégavers ait 1, 2, 3, ou n dimensions.

Certains des résultats, paramètres et grandeurs physiques liés à la théorie des cordes pourraient d’ailleurs être réinterprétés dans le contexte du présent concept d’univers parallèles. Dans ce cas, une corde elle-même pourrait se composer d’une multitude de particules de matière de dimensions extrêmement réduites. Ces particules de matière constitueraient alors certaines des particules élémentaires constituant la matière contenue dans le mégavers et seraient donc toutes de même nature pour une corde donnée. L’interaction qui lierait des particules élémentaires de même nature et leur permettant ainsi de former une corde serait une sorte d’ « interaction ultra-forte ». Les particules élémentaires, observées à l’échelle d’une corde seront pratiquement réduites à des points, mais elles pourraient avoir une toute autre structure vues de plus près. Alors que les coordonnées d’un point d’une corde selon les n dimensions de l’espace envisagées par la théorie des cordes expriment uniquement la localisation spatiale de ce point dans le mégavers, dans le cadre du présent concept d’univers parallèles, ces coordonnées fourniraient bien plus d’informations sur ce point que sa seule localisation dans l’espace. Dans le cas d’un mégavers à 3 dimensions, le présent concept d’univers parallèle considère que seules les 3 premières coordonnées d’un point de la corde indique sa localisation spatiale, toutes les autres éventuelles coordonnées envisagées par les théoriciens des cordes exprimant l’état ou la nature de ce point, lequel point se trouvant être l’une des particules élémentaires constituant la corde. Le déplacement d’un point de la corde le long d’une dimension autre que les 3 dimensions connues de l’espace devra donc être réinterprété comme un changement d’état ou de nature de ce point.

Lors de la vibration de la corde en effet, les particules élémentaires qui la composent ne font pas que se mouvoir dans l’espace. Certaines d’entre elles changent également d’état ou de nature. Ces changements d’état ou de nature sont toutefois généralement très limités et très peu fréquents par rapport à l’ensemble des points constituant la corde et par rapport à la fréquence générale de vibration de la corde. Et c’est ce caractère limité et peu fréquent de ces changements qui est interprété par les théoriciens de la corde comme de légères vibrations de la corde dans des dimensions autres que les trois dimensions connues de l’espace. Ces changements sont en outre assez brefs la plupart du temps, vu que les particules élémentaires de la corde qui changent d’état sont généralement incapables de conserver pendant longtemps leur nouvelle nature. La nature d’une particule élémentaire est alors représentée par un p-uplet de variables quantitatives. Dans le cas où le mégavers aurait par exemple 3 dimensions et que les théoriciens de la corde envisageraient plutôt n dimensions, alors la catégorie d’une particule élémentaire sera représentée par un (n-3)-uplet de variables quantitatives.

Les différences entre les catégories de particules deviennent ainsi une grandeur quantifiable. Ce que les théoriciens de la corde percevraient comme une simple distance spatiale entre deux points du mégavers à n dimensions qu’ils envisagent devient tout autre chose dans le cadre du présent concept d’univers parallèles. Dans ce cadre, cette distance serait en réalité une combinaison de l’écart spatial entre ces deux points dans l’espace classique à 3 dimensions et de l’écart entre les différentes natures possibles de la matière que représentent ces deux points.

Excepté l’hypothèse d’une corde composée de particules encore plus petites, cette réinterprétation ne devrait en principe avoir aucune incidence sur la structure des équations mathématiques de la théorie des cordes et sur les paramètres et grandeurs physiques qui figurent dans ces équations. Il suffit à cet effet de redéfinir et de renommer éventuellement certaines grandeurs, puis d’établir un certain nombre d’équivalences et de correspondances. Le moment cinétique et la quantité de mouvement de la corde pourraient adopter respectivement les appellations « moment transmorphique » et « quantité transmorphique ». La transformation d’une corde sera de ce fait supposée consister aussi bien en un changement de nature d’au moins un des points qui la constituent qu’en un simple déplacement de ce point dans l’espace à trois dimensions. Une équivalence devra alors par exemple exister entre l’effet qu’aurait induit le mouvement d’un point de la corde dans d’éventuelles dimensions de l’espace autres que les trois dimensions connues sur l’énergie (la masse), le moment cinétique (le spin) et la quantité de mouvement (la charge électrique) de la corde, comme le stipule la théorie des cordes, et l’effet induit sur l’énergie (la masse), le moment transmorphique (le spin) et la quantité transmorphique (la charge électrique) par un changement d’état ou de nature du point en question comme pourrait le suggérer le présent concept d’univers parallèles. Une correspondance devra par exemple aussi exister entre le nombre de dimensions supplémentaires de l’espace envisagées par la théorie des cordes et l’ensemble des états (ou natures) qu’il est possible de conférer à une particule élémentaire. Cet ensemble devient alors un ensemble infini non dénombrable.

Au bout du compte, dans le contexte du présent concept d’univers parallèles, lors de la vibration d’une corde, tous les points qui la constituent sont confinés dans l’espace classique à 3 dimensions. Aucun de ces points n’échappe à cet espace pour évoluer le long d’éventuelles dimensions du mégavers qui seraient différentes des trois dimensions connues. Certains points de la corde peuvent néanmoins changer brièvement de nature par moments. Vu que le changement de nature d’un point provoque le fait qu’il n’interagit plus avec une intensité suffisante avec les autres points de la corde ayant gardé leur nature, et donc qu’il n’est plus « vu » par ceux-ci, pour ces autres points, les choses se passent finalement comme si ce point quittait l’espace à 3 dimensions dans lequel ils se trouvent pour évoluer le long d’autres dimensions imperceptibles.

Il faut enfin noter que la forme et certaines propriétés des particules élémentaires pourraient tout aussi dépendre d’une certaine harmonie qui devra encore une fois exister entre toutes les propriétés qui viennent d’être spécifiées, les lois physiques gouvernant les corps macroscopiques, celles expliquant les phénomènes se manifestant à l’échelle d’une corde, et celles guidant le comportement des particules élémentaires composant une corde, ce, dans le cadre du présent concept d’univers parallèles.

Le mégavers envisagé dans ce récit a donc le même nombre de dimensions que les univers réels qu’il contient tel que Centaurus. Tous ces univers sont des espaces à 3 dimensions.

Parmi les nombreuses planètes qui foisonnent au sein de l’univers Centaurus, une revêt une certaine particularité. Celle-ci se nomme Elohis, et est parfois appelée Royaume des Elohim. Elohis semble être la seule planète habitée par des êtres vivants dans tout Centaurus. Faisant trois fois la taille de Jupiter, Elohis possède des éléments et phénomènes semblables à ceux dont regorge la Terre (atmosphère, vent, végétations, faunes, cours d’eau, mers, reliefs, pierres, rochers, sols, pluies, etc.). Seulement, la plus petite particule élémentaire (alpha-gen) à partir de laquelle est constituée la matière composant Centaurus ainsi que la nature des combinaisons ayant donné naissance aux éléments chimiques composant Elohis donnent à celle-ci un aspect assez particulier. Tout semble scintiller et dégager un éclat naturel de beauté allant au-delà de toute imagination. Certains types d’éléments solides d’Elohis (constituants végétaux, sables, constituants d’organismes vivants, etc.) ont ceci de particulier qu’ils ne sont pas naturellement adhésifs les uns aux autres. Autrement dit, certains objets et êtres vivants existant sur Elohis ne peuvent être aisément salis avec certains éléments existant dans leur environnement de vie sur cette planète.

Par ailleurs, le phénomène de décomposition tel qu’il est connu sur Terre n’existe pas sur Elohis. Les organismes vivants, à l’exception des plantes, ne mouraient tout simplement pas. Il n’existait aucune solution technologique qui pourrait permettre de déstructurer ceux-ci (découper en morceaux, consumer, désintégrer, endommager le fonctionnement normal du biosystème, etc.) ou mettre fin à leur existence. Quant aux plantes, pourvu qu’elles soient enracinées, elles se régénèrent sans passer par le processus de décomposition classique observé couramment sur la Terre. Toute partie d’une plante coupée de sa racine se désintègre (se volatilise) sous certaines conditions au bout d’un certain temps sans passer par le processus de décomposition classique consistant en une modification d’apparence, l’infestation par des micros organismes tels que les vers et les bactéries, l’émission d’odeurs désagréables, etc. Tout dégage un parfum naturellement agréable et les êtres vivants appartenant au type le plus évolué (Eloha) possèdent des technologies leur permettant d’adapter le parfum de leur environnement à leur goût. Ces derniers possèdent également des technologies leur permettant d’adapter plusieurs autres paramètres environnementaux (température, luminosité, etc.) à leurs préférences. Les deux tiers de la surface d’Elohis sont recouvertes d’eau et le reste est recouvert de végétations similaires à celles caractérisant les différents climats terrestres : climats tropicaux, climats méditerranéens, climats tempérés, etc.

Contrairement à la Terre qui est éclairée par une étoile telle que le soleil, la lumière d’Elohis provient plutôt de son atmosphère qui est composée de gaz possédant des propriétés lumineuses assez particulières. Centaurus a ceci de particulier qu’il comporte des planètes éclairées par une lumière ne provenant pas d’une étoile proche mais plutôt de leurs atmosphères. Il n’existe donc pas sur Elohis un certain « soleil » se levant en un endroit pour se coucher en un autre endroit. Le jour s’élève simultanément sur tous les points d’Elohis et il en est de même pour la tombée de la nuit, en raison de ces propriétés lumineuses de l’atmosphère. Néanmoins, et cela a été déjà dit, chaque Eloha peut utiliser certaines technologies pour créer une impression de jour ou de nuit autour de lui tout en étant le seul à ressentir cette impression.

Elohis fait partie d’un système planétaire dont il est le centre. A l’image par exemple du système solaire comportant des planètes gravitant autour du soleil, Elohis fait partie d’un système composé de planètes gravitant autour d’elle et qui a été baptisé système élohiste.

Une autre particularité de Centaurus est qu’elle contient des macrostructures sur lesquelles le temps n’exerce fondamentalement aucun effet. L’univers dans lequel nous vivons est par exemple continuellement en expansion. Les étoiles naissent grandissent et meurent. Des trous noirs se créent et modifient totalement l’environnement cosmique dans lequel ils naissent ; etc. L’une des conséquences de cet état de choses est qu’il n’est pas improbable que certaines des planètes de notre univers voient leurs structures fondamentalement modifiées où arrivent carrément à disparaître dans le futur. En revanche, certaines planètes de Centaurus comme Elohis ne peuvent théoriquement être déstructurées ni détruites. Ces planètes subsistent alors éternellement tout en gardant leurs structures et leurs compositions globalement invariables.

Intéressons-nous maintenant aux habitants d’Elohis et à quelques aspects de leur civilisation. Un habitant d’Elohis est appelé Eloha ; le pluriel de ce mot est Elohim. Il existait environ 800 000 000 d’Elohim sur Elohis au moment du lancement du processus de génération de l’univers Tertius. Tous ces Elohim étaient gouvernés par un seul Monarque qui régnait sur toute la planète et qui était couramment désigné sous l’appellation de « Sa Majesté », surtout dans des contextes assez officiels, mais appelé aussi souvent Mel-Schedek ou Adonaye, dans des contextes moins officiels et plus conviviaux. Le Monarque d’Elohis était considéré par ses sujets comme un être doté d’une puissance surpassant de loin celle de tout autre Eloha. Il semblait néanmoins exercer assez rarement directement cette puissance.

L’histoire d’Elohis révèle qu’il fut un temps où le seul habitant de cette planète était ce Monarque. Désirant accroître son bien-être en partageant la joie de l’existence avec d’autres êtres faits à sa ressemblance, Mel-Schedek conçut alors le tout premier être vivant fait plus ou moins à son image. Mais celui-ci semblait être le seul Eloha qu’Mel-Schedek créa directement de ses propres mains. Ce premier-né d’Mel-Schedek perpétua par la suite cette œuvre de création en créant d’autres êtres faits à son image et à celle du Roi et ce, à partir des composantes de son propre organisme. La plupart des Elohim ainsi créés disposaient à leur tour de la capacité de poursuivre cette œuvre de procréation. A l’instar des humains la procréation existe donc chez les Elohim. Mais à la différence des humains le processus de procréation chez les Elohim est entièrement in vitro. A l’exception du Roi, le fait qu’un Eloha soit procréé par un autre ne fait pas du procréé un être forcément moins puissant que le procréateur. Pour comprendre cela, il faut tout simplement considérer l’exemple d’une progéniture humaine se montrant quelques années plus tard plus intelligent ou plus performant sous certains aspects que les humains qui l’ont engendré. A l’exception donc d’Mel-Schedek, tous les Elohim, y compris la première créature du Roi possèdent dans l’ensemble presque les mêmes potentialités. Néanmoins certains Elohim arrivent à développer certaines capacités plus que d’autres Elohim au cours de leur existence.

Les Elohim ont une morphologie et une physionomie similaires à celles des humains. Autant on trouve des Elohim possédant une morphologie masculine, autant on en trouve qui possèdent une morphologie féminine. Il n’existe toutefois pas de différenciation de sexes, de mariages, ni de sexualité entre Elohim comme on en connaît chez les humains. Les Elohim sont asexués. Un Eloha à morphologie féminine est appelé Elohae [7] (prononcer élohê) et un Eloha à morphologie masculine est appelé Elohy.

Mais comme on l’a déjà vu, quoique la sexualité n’existe pas chez les Elohim comme il en est chez les humains, le phénomène de procréation, lui, existe tout de même. Un nouveau-né Eloha a presqu’exactement la même apparence et les mêmes dimensions qu’un nouveau-né humain. Par conséquent, tout comme les humains, les Elohim croissent physiquement. Mais la croissance physique d’un Eloha se fait très lentement. Il faut près de 40 millions d’années à un jeune enfant Eloha pour subir l’équivalent de la croissance subie par une progéniture humaine en l’espace d’un an. Cette période de 40 millions d’années, appelée cycle, est généralement utilisée pour exprimer l’âge d’un Eloha. La croissance physique et le vieillissement des Elohim s’arrêtent généralement vers l’âge de 25 à 30 cycles. Le taux de croissance de la population élohienne est également très faible. Il est d’environ 0,05 pourcent par cycle. Ce qui correspond approximativement à une naissance tous les 100 ans depuis le lancement du projet TERTIUS.

La faiblesse de ce taux de croissance est due à des contraintes biologiques et non à des décisions volontaires de limiter les naissances. Il fut d’ailleurs beaucoup plus faible pendant de longues périodes. Les Elohim constatèrent par la suite que la procréation pouvait être grandement facilitée par la combinaison de composantes organiques provenant d’un Elohy et d’une Elohae. Ceci a eu un impact très significatif sur la croissance de la population.

Pour appréhender un peu ce à quoi ressemble exactement le physique des Elohim, il faut tout simplement imaginer des beautés surpassant de loin ce qu’il pourrait y avoir de plus beau dans chaque race humaine (asiatique, africaine, indo-européenne, amérindienne, etc.) et se situant dans la tranche d’âge de 25 à 30 ans. Toutes les races humaines semblent en effet avoir leur correspondant dans la population d’Elohis. Il faut aussi considérer le fait que tout scintille, et l’apparence physique des Elohim n’est pas épargnée par cette propriété, même si c’est à un degré beaucoup plus moindre. Mis à part ces faits, les Elohim ressemblent presque textuellement aux humains. La taille d’un Eloha varie généralement entre 180 et 190 centimètres pour les Elohim à morphologie masculine et entre 170 et 180 pour ceux ayant une morphologie féminine. Sa forme est généralement assez svelte, ni trop chétif, ni trop corpulent.

Qu’en est-il de la structure organisationnelle du Royaume ? A ce propos, signalons que le Royaume entier était divisé en 12 districts, chacun de ces districts étant divisé à son tour en 12 provinces ; ce qui faisait au total 144 provinces. Chaque province était divisée en un nombre de comptés tournant en moyenne autour de 50. A la tête de chaque district, de chaque province et de chaque compté, se trouvait un représentant du Monarque portant le titre de Ben. Ces représentants étaient directement désignés par le Monarque. Le Roi (Monarque) était assisté dans ses décisions par un conseil appelé le Royal Executive Council, ou le REX dans certaines langues élohiennes, et qui était composé d’Elohim désignés par lui et choisis également parmi des Elohim portant le titre de Ben. Les membres du REX étaient au nombre de 24 et s’occupaient chacun d’un département particulier traitant de certaines affaires du Royaume. Ces départements pourraient correspondre aux ministères dans les gouvernements actuels régissant les nations humaines. Dans chaque province, 1000 personnes étaient désignées pour porter les avis du peuple au REX et au Roi. Ce qui faisait un total de 144 000 personnes jouant ce rôle et celles-ci portaient également le titre de Ben et étaient appelées Voix du Peuple. Ce rôle correspondait à celui de député dans nos nations actuelles.

Les activités auxquelles les Elohim s’adonnent et leurs habitudes de vie sont similaires à celles qui ont cours sous nos cieux. Par pure vocation, la plupart des Elohim, quoique possédant une culture très poussée et un certain niveau de savoir-faire dans la majorité des disciplines, préfèrent se spécialiser dans des domaines particuliers qui trouvent leurs correspondants dans nos domaines de connaissances et de métiers actuels (recherche scientifique, organisation sociale et politique, ingénierie, économie, informatique, tourisme et voyages exploratoires, activités artistiques, etc.). Les Elohim possèdent d’ailleurs un niveau de connaissance théorique et technologique si avancé que certaines de leur connaissances et technologies ne nous seront jamais accessibles en raison de la nature de notre structure cérébrale et mentale.

Le travail-fardeau n’existait pas dans le Royaume des Elohim. Chaque Eloha mettait, soit librement soit par obéissance au Roi, mais dans tous les cas avec plaisir et joie, son savoir-faire et ses connaissances au service de la communauté. Ensuite, les problèmes de rareté des moyens de subsistance (logement décent, santé, nourriture, etc.) ne se posent pas sur Elohis. Tous les services et biens étaient offerts gratuitement. Chaque Eloha offrait gratuitement ses services à des membres de la communauté et recevait en retour gratuitement des services d’autres membres de la communauté. Cela était dû en partie au fait que les Elohim avaient réussi à dépasser deux types de problèmes auxquels sont confrontés les humains : l’égoïsme et le désir de paraître au travers de ses possessions ou de ses capacités. Les seuls facteurs qui sous-tendaient la vocation qui poussait un Eloha à acquérir des connaissances et à apprendre un métier étaient la pure satisfaction que procurait en soi le fait de comprendre son monde, d’exercer le métier en question, et de se donner les moyens de satisfaire à ses propres besoins et à ceux de ses concitoyens. Lesquels besoins étaient essentiellement des besoins de loisir et excluaient tout désir de paraître ou de dominer.


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