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L'HEURE DE VIVRE

Rose Steinmetz

Published by Rose Steinmetz at Smashwords

Copyright Rose Steinmetz 2016

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Table des matières

Chapitre 1: La fin du chemin
Chapitre 2: Les adieux
Chapitre 3: Le dernier voyage
Chapitre 4: Le chemin de la liberté
Chapitre 5: Retour aux sources
Chapitre 6: Désillusion
Chapitre 7: Retrouvailles
Chapitre 8: Déconnectée
Chapitre 9: Prise de conscience
Chapitre 10: Résistance
Chapitre 11: Choisir sa route
Chapitre 12: Planification
Chapitre 13: Rébellion
Chapitre 14: Adieux
Chapitre 15: L'attente
Chapitre 16: Le dernier jour
Chapitre 17: Un nouveau chemin
A propos de l'autrice

Chapitre 1 : La fin du chemin

Je suis seule dans la salle d’attente de l’hôpital. La nouvelle est tombée. Je vais mourir bientôt. Je suis anéantie. Pas déjà ! Je glisse contre le mur et les larmes coulent sur mes joues. Je revois la même salle froide deux ans plus tôt, quand la même chose avait été annoncée à mon mari. J’avais tellement pleuré ici.
— C’est dans l’ordre des choses, m’avait-il dit.
Et il avait accepté sa mort. Mais ça avait été tellement difficile pour moi, ça l’était toujours. FOP, une maladie incurable, même avec une opération mes chances de survie sont minimes. Deux pour cent de chances de rémission seulement a dit l’ordinateur médical. Ça ne vaut pas les souffrances. Je marche vivement dans la pièce en essuyant mes larmes. Il va me falloir entrer dans le programme de fin de vie moi aussi mais c’est difficile de se dire que tout est fini. J’ai vu le processus avec mon mari, pas de souffrances et une fin paisible. Mais j’espérais faire encore un peu plus.

J’ai tout juste cinquante-deux ans, mais l’espérance de vie de nos jours n’est plus ce qu’elle était. Nous avons le meilleur système médical et tous nos paramètres vitaux sont surveillés en permanence. Mais nous nous affaiblissons et toutes ces nouvelles maladies sont terribles.

Il ne me reste plus qu’à mettre en ordre mes affaires et tout préparer pour faciliter les choses pour mes enfants. Je dois aller les voir. La nouvelle sera déchirante pour eux juste quelques années après leur père. Mes enfants vont être seuls, j’ai l’impression de les abandonner. Je suis si peu avec eux depuis qu’ils ont quitté la maison. Tellement de regrets et de projets jamais commencés.

Ma montre sonne, l’alarme automatique pour ma prochaine réunion. Elle m’indique le métro à prendre, je suis les instructions sans trop y réfléchir. C’est bête comme la vie semble inutile quand on est ici au bout du voyage.

Je passe la journée à régler les emplois du temps et la maintenance des mois prochains une journée comme toutes les autres. Je me demande qui va me remplacer en répondant aux mails des différents services. Plus qu’un dernier et je pourrai aller au club de gym de la centrale.

«Votre réservation est dans un quart d’heure. Vingt minutes d’exercice par jour sont bonnes pour la santé et la bonne humeur.», me rappelle ma montre, comme tous les jours. Tous les messages de motivation que j’avais appréciés toute ma vie me semblent vains et creux.

Je cours sur le tapis jusqu’à ce que la machine me félicite de mon effort et m’indique les meilleurs choix de repas pour le soir. Il sera chez moi quand j’arriverai dans une demi-heure. Le temps de manger devant l’écran, et la journée sera finie, une de plus comme tous les jours de ma vie.

Chapitre 2 : Les adieux

Ma mort prochaine a été annoncée à mon employeur par le système central et je suis maintenant libérée de mes fonctions. Une vie à travailler ici… L’ordinateur m’a programmé ma fête de départ au premier créneau libre. Ça me fait bizarre de tout quitter du jour au lendemain. J’ai travaillé ici pendant trente-deux ans et je connais si peu de mes collègues personnellement. Nous avons tous des vies tellement remplies.

Je pars pour mon dernier voyage demain, pour voir mes enfants. Mes affaires ont presque toutes été réglées par le système, mon travail, mon appartement, mes meubles, tout est parti ou le sera dans quelques semaines. En seulement une semaine, j’ai vu toute ma vie, tous mes souvenirs partir. Il ne me reste plus que mes enfants, la dernière preuve tangible de mon existence. Mes pauvres enfants, je suis plus triste pour eux que pour moi.

Je commencerai le programme de fin de vie en rentrant. Toutes les informations utiles m’ont été données sur le programme. C’est le meilleur choix, mais il me reste tellement de regrets. Mon mari avait accepté facilement, c’était comme ça. Tout le monde savait qu’avec un FOP, il fallait entrer dans le programme, mais j’ai du mal à me résigner.

Chapitre 3 : Le dernier voyage

Je prends l’ancien train pour me rendre chez ma fille malgré les conseils de mon organisateur. Je veux voir dehors, voir une dernière fois les montagnes et les forêts ; c’est plus long que le métro, mais le paysage en vaut la peine. Je n’ai plus rien à perdre, je ne suis plus pressée pour rien. Il n’y a que la mort qui m’attend et c’est la seule chose pour laquelle il n’y a pas encore d’alarme préprogrammée.

En regardant les arbres par la fenêtre, je me souviens des histoires de ma grand-mère quand elle était une petite fille et qu’elle habitait dans un village. Les villages n’existent plus maintenant, trop inefficaces, mais la vie là-bas semblait tellement tranquille et paisible. Il y avait autre chose que la vie que nous avons maintenant.

Je suis nostalgique de ces histoires, de ma grand-mère. J’ai toujours rêvé d’aller voir le village de ma grand-mère mais je n’y suis jamais allée, toujours autre chose de prévu, une réunion importante, des loisirs programmés. Avoir des vacances en dehors des chemins touristiques est considéré dangereux. Depuis que plus personne n’habite à la campagne, c’est devenu très dangereux même si je ne sais pas exactement pourquoi, il ne faut plus y aller. C’est pour ça que le métro avait été construit pour traverser tous les territoires hors de danger. Le train est juste pour les pauvres, ceux qui ne peuvent pas éviter cette zone. Tout le monde m’avait déconseillé de le prendre, mais maintenant qu’est ce que je risquais… c’est vrai si je descends du train et pars voir la forêt, les villages abandonnés, qu’est ce que je risque ! Je vais mourir bientôt de toute façon.

Le train finit par s’arrêter, des montagnes de déchets sont de part et d’autre des rails. C’est effrayant, des wagons entiers de notre train sont déchargés ici. J’observe au loin les arbres, derrière les immondices que nous jetons ici. Voilà ce que la campagne est devenue une décharge ! La tristesse m’envahit quand le train repart, je n’ai pas eu le courage de descendre. Mais nous ne roulons pas longtemps avant que le train ne s’arrête de nouveau, pour charger des choses cette fois. Il y a des gens partout autour du train, habillés avec des tuniques multicolores tellement différentes de nos uniformes gris.

Ils n’ont pas l’air si dangereux, juste différents. Si je m’arrêtais ici juste pour voir, je pourrais toujours prendre le train suivant demain. C’est ma dernière chance ! J’attrape mon sac de voyage et descends vite du train en me mélangeant à la foule dehors.

Les gens marchent autour de moi, sans me voir. Ils portent des caisses, leurs montres sonnent. Ils ont tous l’air extrêmement occupés, comme n’importe qui en ville, malgré nos différences. Je me glisse dans la première rue, loin de la foule. C’est un endroit vraiment étrange, plein de petites bâtisses s’étendent le long des rails et au bout de quelques mètres, il n’y a que des champs et des hangars pleins d’animaux bruyants. Ce sont les fermes industrielles qui nourrissent les gens des villes comme moi. Ça pue ici ! Ce n’est pas croyable ! Mais vu le nombre d’animaux, ce n’est pas étonnant. Je m’approche de ce qui doit être une vache, je n’ai jamais vu d’animaux en vrai, ce n’est pas hygiénique en ville. Un robot chien amuse tout autant les enfants, sans nuisances. Je commence à marcher en direction de la forêt devant moi, j’ai juste envie de voir une forêt de près.


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